PéGé, ballades acoustiques funk

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Eloge de l'insolence - Albert Cossery

Publié le dimanche 27 mai 2007

Nouvelle catégorie du blog, un peu à part, mais pas tant que ça : des Lectures que je souhaite partager, aussi vrai qu'en littérature on n'est jamais loin de la musique. Et parfois même : on est dans une autre forme de musique.

Ici, c'est la petite et précieuse musique de l'insolence, du défi. Et les armes de ce défi sont la dérision et le dénuement.

Le roman d'Albert Cossery, Un complot de saltimbanques, s'ouvre et se ferme sur la figure du Réveil de la Nation. Cette statue trône au coeur de la cité paresseuse qui forme le décor, et même un personnage à part entière du livre. C'est auprès de cette statue que dort paisiblement un clochard. Mais un gendarme s'approche.

"Le gendarme se baissa, saisit l'homme par l'épaule et le secoua avec ce savant sadisme qui caractérise les forces de l'ordre dans l'exercice de leur fonction.
- Allons, réveille-toi, dit-il. Tu n'as pas honte de dormir là, ô homme !
Le clochard tourna la tête, ouvrit un oeil chassieux et demanda d'une voix calme et lointaine :
- Pourquoi aurais-je honte ?
- Comment ! s'indigna le gendarme. Tu ne vois pas que tu dors sous la statue du Réveil de la Nation ! Allons, un peu de respect, ô homme !
Le visage sale et fripé de l'homme eut une expression d'énorme lassitude, comme si les remontrances du gendarme lui parvenaient d'une distance incommensurable et qu'un effort surhumain lui était nécessaire pour les comprendre et les assimiler. Il ferma son oeil et répondit avec une gravité morose :
- Nous avons le temps. Quand tu auras réveillé toute la nation, tu viendras m'avertir. Pourquoi serais-je le premier ? Et il se rendormit."

Un complot de saltimbanques, Albert Cossery, éditions Joëlle Losfeld.

Jacksoul, prête-moi ta guitare et ta voix s'il te plaît...

Publié le dimanche 13 mai 2007

Jacksoul, comme son nom l'indique, c'est un groupe... soul. Resurrected est un disque façonné autour de la voix du chanteur, Haydain Neale - aïe, méchante la voix, chaude, rauque, brillante - et de la gratte, tantôt acoustique, tantôt électrique en son clair (je veux la même, avec les mêmes doigts).

Cet album, c'est : place à la mélodie, place au groove, place aux riffs de gratte. Le beat est chaloupé, ce qu'il faut, les choeurs et les claquements de doigts empruntent le divin du gospel.

Au milieu du disque, un morceau me fait particulièrement frissonner : Saved. Si je suis sauvé moi aussi, je veux prendre cet album avec moi pour la route.

Encore un scud à rendre jaloux les zicos de mon espèce. Mais aussi de quoi vous mettre la pêche et vous donner envie de marcher des heures au soleil, Jacksoul dans les oreilles. Je vous le recommande. Chaudement.

Pour écouter les titres de Resurrected
Le site officiel de Jacksoul

Où sont passés les chansonniers ?

Publié le mercredi 9 mai 2007

En cette période de digestion électorale, voici un billet apolitique ou presque. Il y est en effet question d'élégance. Heureuse vertu que l'élégance : ni de droite, ni de gauche, ni même du centre (ou bayrouiste).

Rendons hommage à l'élégance, donc, de notre nouveau dirigeant, autoproclamé président du peuple. Petite bouffe entre potes, à la bonne franquette, au Fouquet's (mmm, ces saucisses frites...). Puis retraite pour habiter la fonction dans un monastère flottant à 150 000 euros la semaine. ça vaut le coup de se lever tôt.

Réjouissons-nous, car il y a une bonne nouvelle. La promesse, d'ores et déjà, est tenue : tout est devenu possible. Croisière ou galère, voici une sacrée belle matière, un quinquennat d'inspirations pour les chanteurs et artistes engagés, pour peu qu'ils s'en saisissent avec justesse, sans gros sabots (comme il en est question ici même dans cet échange). Pour peu qu'eux aussi habitent leur fonction (si c'est possible pour moins cher).

Mais au fait, ces chansonniers, ces saltimbanques croqueurs d'indécences et d'injustices, ces Brassens et ces Coluche... où sont-ils ?

Les Mélomanoweb I : vidéos d'artistes chez Eric Boisson

Publié le mardi 8 mai 2007

La musique, les girls, les mecs, c'est dans les salles, dans Taratata (pour ce qui est de ce vieux machin poussiéreux, cathodique et cubiforme)... et sur le web. Si vous voulez découvrir des gens nouveaux, des trésors d'artistes, c'est là que ça se passe.

Sans même parler des webradios, de sites comme Jamendo, faisons ensemble, à travers une petite série de billets, le tour de quelques Mélomanoweb : ces blogueurs de tout poil qui s'en donnent à coeur joie pour nous faire connaître des musiciens talentueux et des merveilles sonores.

Ainsi d'Eric Boisson. Est-il victime de son succès, ou devrais-je dire de son bon goût ? Certains soirs, la connexion a des allures de chameau. Mais baladez-vous, c'est que du bon, varié dans les styles, des mecs, des girls à découvrir - songez qu'il connaissait KT Tunstall avant Taratata (avant nous quoi ! - et je ne parle même pas de la pub d'Alice).

Bref, ce garçon a du flair dans les oreilles. Et en plus, le cochon, il a du temps (un post par jour, mais comment fait-il ?) pour nous faire partager tout ça, et le plus souvent, sous la forme de vidéos, ce qui est fort appréciable. Profitez-en !

Je viens pour ma part de tripper sur les vidéos de Jason Mraz. Soyez comme les lecteurs impatients et imprudents (j'en suis) : commencez par la fin avec la troisième vidéo du billet, Curbside Prophet. Ah, il y a aussi celle-là, The Remedy.
Allez, grosse claque du soir, mmm, prends-toi ça.

P.S. : si comme moi vous flashez sur Jason Mraz, son site est par ici. ça sent un poil la big prod américaine, et ça étouffe un peu le style qu'on découvre dans les vidéos chez Eric Boisson. Je viens de commander un live pour me faire péter les esgourdes et vérifier par moi-même, je vous en dirai des nouvelles.

La playlist du moment ou le printemps des esgourdes

Publié le vendredi 4 mai 2007

En ce moment, j'écoute Marvin Gaye, What's going on (dans le métro, je m'évade direct ; et puis, c'est un bon album à écouter en ce printemps électoral). James Morrisson, grosse claque pour ce qui est du chant. Le mec donne tout. Skye (voir la review de son dernier album Appaloosa), plutôt le soir, en quittant le taf, ça va bien avec le côté jours plus longs, cette lumière musicale.

La playlist aléatoire de mon baladeur balance un maximum de Ben Harper, surtout les premiers albums, pas très équilibrée la playlist (Corinne Bailey Rae - Ben Harper - John Butler Trio - Ben Harper - Ben Harper - Amos Lee - Ben...).

Et Bruce Springsteen enfin, l'album Nebraska, enregistré à la pure, harmo/guitare/voix, sur un 4 pistes solitaire des familles. Ce scud a donné la migraine à la production. Les morceaux, plusieurs fois réorchestrés, n'ont jamais dans leur versions retravaillées restitué l'étincelle des prises originales. Ce sont donc les "maquettes" qu'on écoute sur Nebraska. Je trouve ça beau. Une leçon pour les perfectionnistes de mon espèce, qui risquent de passer à côté des diamants bruts.

J'ai de la tendresse pour ce disque, même si, je l'avoue, au bout de 5-6 titres, la soul et le blues me manquent déjà.

Pourquoi je ne fais pas de concerts actuellement

Publié le mercredi 2 mai 2007

Alors voilà, j'avais dit, je vais faire des concerts, je vais faire un CD, et rien de tout cela, je n'ai rien fait encore. Malgré ces déceptions, c'est un printemps très musical pour moi.

Foutu manque de temps
La vraie chiantise avec l'autoproduction, ce n'est pas le manque d'argent (quoique...), mais le manque de temps. Pour répéter en groupe notamment : ça a donc coincé pour les live, et pour le CD, que je voulais associer aux dates.

Mais haut les coeurs ! En attendant de préparer les concerts pleinement, mon vieux complice Antoine et moi avons repris des petites sessions clavier/guitare avec de nouvelles chansons dans le baluchon. Avec le plaisir pour seul guide.

Avec l'ami Manu, c'est le volet graphique du projet qui avance : les premières maquettes pour la pochette du CD me mettent tout en joie. C'est que j'attache beaucoup d'importance au fait de bosser la musique et sa traduction visuelle en même temps, car les deux se nourissent l'un de l'autre.

Enfin, je m'éclate vocalement grâce à Véronique Lortal, avec qui je réapprends le chant. Le naturel du chant, les mystères du chant.

Avez-vous vu passer mon âme ?
En quelques semaines de cours de chant, j'ai pigé que - défaut du homestudio ? - j'avais trop souvent recherché la perfection, au détriment de l'émotion, de l'animalité presque. Aussi bien dans les prises de voix que dans l'écriture, la guitare, les techniques d'enregistrement...

Il a suffi pour m'en convaincre de redécouvrir, en compagnie du père Tonio, les prods de notre ancien groupe (surtout la période 1997-2000). Fruit d'une époustouflante pagaille technique et musicale, pour ne pas dire parfois d'un bordel noir, elles recèlent quand elles ne sont pas inaudibles une fraîcheur, une énergie... un côté brut que j'ai rarement su capter depuis, sauf peut-être par moments, sur des passages de mon album Un clown à l'intérieur.

Promesses pas électorales
Véronique, bénie soit-elle, au paradis de la musique et ailleurs, et partout où l'on chante et où l'on écoute chanter, m'aide à me débarrasser de ce foutu costard (moi qui pourtant aime si peu en porter un).

Et finalement, c'est pas mal de n'avoir pas pu venir sur scène plus tôt. J'aurais desservi mes chansons. Là, je commence à tout ressentir de nouveau, et mieux même, sous la peau. Ne vous foutez pas de moi : c'est comme la vibration d'une guitare qui vous résonne contre la poitrine.

Voilà, j'aurais bien aimé tourner déjà, jouer, mais le printemps est là, tout ça est plus habité je crois, plus vibré. C'est immodeste de le dire, sans doute, mais c'est plein de promesses pour les prochains concerts. J'espère vous les faire partager très bientôt.

PS. je reviendrai dans un prochain billet sur la belle auteur-compositeur-interprète qu'est Véronique Lortal.